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Histoire des deux derniers presbytères de Villedieu-le-Château (3ème partie)

Article créé le 07/04/2020

L’abbé Cointereau resta curé de Villedieu jusqu’en novembre 1826. Son départ de la paroisse fut causé, selon  Vincent René Moreau, notaire et maire du village, par un sentiment de défiance à son égard d’une partie de ses fidèles. Il en fut profondément affecté et  démissionna de sa fonction en novembre 1826. Le conseil de Fabrique qui gérait officiellement les affaires de la paroisse prit acte de cette démission le 6 novembre et dressa le même jour l’état des lieux du presbytère en sa présence. Il fut tenu quitte de frais d’entretien et de réparations car il laissait une maison en bon état : ayant fait de « nombreuses réparations et embellissures »[1]. L’abbé Cointereau quitta Villedieu dès le lendemain de cette journée pour rejoindre Sablé dans la Sarthe. L’évêque du Mans le nomma une semaine plus tard, le 15 novembre 1826, desservant de la paroisse de Courtillers près de Sablé, fonction qu’il exercera jusqu’en 1833.

                De 1826 à 1905 se succédèrent au presbytère les curés Simon, Poussin, Bouillé, Brisset et Petit. Mais en 1905, la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat devait  entrainer la recherche d’un nouveau presbytère.

 

  1. Un nouveau presbytère pour le XXème siècle           

Suite aux difficultés liées à l’application des mesures de cette loi, l’Etat organise lui-même par la loi du 3 janvier 1907 l’exercice public des cultes : les presbytères deviennent propriétés des communes. Comme ce ne sont pas des édifices cultuels, ils ne sont pas soumis à l’affectation comme le sont les églises et relèvent du domaine juridique des baux : les communes peuvent donc en disposer librement mais leur location doit cependant « être approuvée par l’administration préfectorale ». Conformément à cette loi, le conseil municipal de Villedieu décida le 17 mars 1907 de louer le presbytère au desservant d’alors, l’abbé Petit, pour une somme annuelle de 15O francs plus les charges.[2] Devant le refus de ce dernier d’accepter les conditions  de cette location, le conseil municipal, lors de la séance du 17 novembre 1907, proposa le logement à l’instituteur adjoint…, qui ne l’occupa pas en raison d’une mutation. Finalement le 26 avril 1908, le conseil municipal décida « à l’unanimité du transfert du bureau de poste dans les locaux actuellement disponibles de l’ancien presbytère »[3]. Ainsi pendant près d’un siècle - jusqu’en 2003 - l’ancien presbytère resta le bureau de poste de la commune.

Quant à l’abbé Petit, il s’installa dans  l’ancienne maison de l’abbé Combis, alors propriété de  Mr Alexis Fusy[4]de Villedieu. Elle devenait le nouveau et dernier presbytère de la paroisse. Cette maison fut acquise quelques années plus tard par « l’Association diocésaine du Loir et Cher » gérante de certains biens du diocèse et fut  successivement occupée par les abbés Petit, Daveau et Forestier. Dernier prêtre résident au presbytère, l’abbé Jean Forestier, originaire de la Lozère, se retira dans une maison du bourg où il mourut en 1995 ; la paroisse fut alors rattachée au secteur paroissial de Montoire et le presbytère vendu.

___________________________________________

                                Création des moines défricheurs à partir du XIème siècle, le village de Villedieu s’est développé et organisé autour de son prieuré  puis de son église paroissiale. L’histoire de ses deux derniers presbytères qui s’étend sur 365 ans, montre combien le patrimoine local lié au fait religieux  porte la marque de ceux qui l’ont construit et partagé, et qu’il  ne  se comprend que dans le cadre des grands bouleversements de l’histoire nationale : particulièrement ceux de la période révolutionnaire (1789-1799) et ceux de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Ce patrimoine est en même temps un témoin important  de la démographie rurale, (Villedieu est passé de 1250 habitants en 1841 à 415 aujourd’hui), et des bouleversements  de l’organisation de l’église catholique avec le regroupement des paroisses.

Alain Chemin  (Le Mans - Villedieu le Château : novembre 2019)

 

[1]
                        [1] Compte-rendu de la réunion du Conseil de Fabrique de Villedieu du 6 novembre 1826. A.D.41.

[2]
                        [2] Délibérations du conseil municipal, séance du 17 mars 1907. Mairie de Villedieu.

[3]
                        [3] C.M. de Villedieu en Beauce, séance du 26 avril 1908.  Mairie de Villedieu.

[4]
                        [4] Abbé Brisset, La Famille Leclerc de Villedieu en Beauce,  S.A.V. 1917 page 102, note 1.

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Publié par: Sabine et Xavier Campion

Date de dernière modification de cette page: 07/04/2020


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